Limbola

Business Influencer & Storyteller
Coups de coeurs <3

Comment devenir un “afro”-preneur responsable

 

Afro business Influencer:

*Cet article est basé sur une petite étude personnelle, visant à comprendre et clarifier certains “termes/concepts” et certaines approches observés en fréquentant de plus en plus le milieu afro. Son champs s’arrête à la création d’activités économiques.  J’ai utilisé des méthodes d’observation durant des événements afros ou Black business et des entretiens de groupe auprès de différents clubs Facebook d’entrepreneur(e)s afros.

Qu’est-ce qu’un afro-entrepreneur? C’est la question de départ que je me suis posée, lorsque de plus en plus,  j’entendais certains se présenter comme tel, lors des événements et des soirées de networking.

La première explication qui m’est venue en tête était :  C’est un afro-entrepreneur, parce qu’il (elle) est noir(e) –Sous réserves pour moi, de ne pas rentrer dans les détails de ce que j’entendais par afro, je n’aime toujours pas, aujourd’hui,  le terme black–.

En réfléchissant mieux, je ne comprenais toujours pas pourquoi un(e) entrepreneur(e), parce qu’il (elle) faisait parti(e) de la communauté noire, devait systématiquement revêtir une étiquette symbolique, chaque fois qu’il se présentait à un public. Peut-être avais-je loupé un nouveau mouvement…

Au-delà de cette polémique autour des titres des entrepreneurs afros, on constate tout de même qu’il existe d’énormes écarts entre les personnes qui se disent entrepreneurs engagés pour la cause commune dans leur business, proposant des produits, des services à des individus qui leur ressemblent (cad noirs et souvent conscients),  et le retour sur investissement* de toutes ces activités.

Quelle place occupe la dimension communautaire dans la communication des entreprises tenues par des afros?  A-t-elle réellement un sens…? Si ce symbole est important pour la communauté, pourquoi observons nous toujours des écarts sur le  “marché afro”?

Il était temps pour moi de comprendre ce qui se cache réellement derrière tout ce nouveau lexique. Peut-être donnons-nous naissance à un nouveau mouvement…

Afro-entrepreneur, un terme aussi vide que rempli de sens

Dans tous les groupes où j’ai posé la question de savoir ce qu’est pour eux un afro-entrepreneur, j’ai obtenu un résultat étonnant (sur un échantillon de n personnes interrogées et 10 réponses obtenues) :

  • 60 % des personnes qui se trouvent dans des groupes portant le nom “Afro-entrepreneurs” ou “noirs” pense que c’est un terme fourre-tout voire un piège. Certains vont jusqu’à dire que ce terme n’existe pas parce qu’entreprendre est indépendant d’une “race” (quand même!)  et cela nous donne une raison de toujours “victimiser”. Comme quoi nous n’avons pas l’esprit d’entreprise à cause de notre douloureuse histoire. Il est temps de travailler dur et d’arrêter des mouvements inutiles, juste pour faire joli.

Parler du terme “afro entrepreneur”, c’est une manière de cloisonner le milieu dans lequel nous évoluons. Africaniser ou afroniser tout et n’importe quoi, en pensant que cela éveillera les consciences et changera les modes de consommation, c’est construire des châteaux en Espagne. Seule la stratégie managériale compte.

  • D’un autre côté, 40 % des autres sont plutôt optimistes. Ils pensent qu’un entrepreneur afro, c’est celui qui représente la communauté en ayant un projet de création d’entreprise. Cette appellation aide à avoir un soutien parce qu’on ne peut pas réussir sans avoir le soutien des nôtres.

Le symbolisme communautaire a toujours joué un rôle essentiel dans l’essor économique d’une communauté et la communauté noire devrait arrêter d’être altruiste. Les juifs et les chinois sont solidaires entre eux, pourquoi pas nous?

Pour parler franchement, il y a de nombreux exemples qui démontrent que le storytelling et la communication (en général) des entreprises  tenues par des afro ne marchent  pas toujours à destination d’une demande afro :

  • Des produits comme le film “Le Gang des Antillais” (Même moi, je ne suis pas allée le voir)
  • De nombreuses marques de cosmétiques et soins de cheveux (Il y en a tellement trop)
  • Des produits issus de l’innovation technologique, informatique, etc. (Du fait même que ce soit rare, les gens ont des doutes sur leur durabilité)

 

Même avec des valeurs communautaires, vous remarquerez un excellent flop en ce qui concerne “le retour sur investissement”. Il y a beaucoup d’offreurs (peut-être parce que tout le monde aimerait se lancer aujourd’hui) et moins d’acheteurs. L’une des raisons: Nous avons  des habitudes de consommation autres que celles que l’on aimerait du jour au lendemain changer pour le bien-être de la communauté.

Les Afroptimistes (vous allez vous habituer aux mouvements 😉 ) parlent d’une demande complexe. Moi je dis une demande quasi-inexistante. Ce n’est pas parce qu’il y a une grande communauté afro dans la diaspora, que toi et moi nous aimons des produits qui nous rappellent nos origines, notre identité, que l’on achète forcément. Comme tout consommateur, on cherche le moins cher mais le plus utile. On est capable d’acheter cher un produit parce qu’on convaincu qu’il nous est indispensable. C’est la raison pour laquelle la restauration et l’alimentation restent les business incontournables (jusqu’aujourd’hui) dans la communauté noire.

Conclusion

Nous utilisons un terme dont nous ne connaissons réellement pas le sens. Selon moi,  un afro-entrepreneur est celui qui recherche un sens particulier à son entreprise. Ce sens réside dans des valeurs qui ont un lien avec ses origines africaines.  Se présenter comme tel pour transmettre ses valeurs est louable, mais n’est malheureusement pas nécessaire.

Je pense qu’il y a également un risque. Celui de croire qu’une personne lambda, d’origine africaine, qui dans les valeurs de son entreprise ne fait pas allusion au développement de sa communauté, n’est pas un afro-entrepreneur. C’est un entrepreneur tout court. Really, NO SENS.

C’est un terme aussi vide que rempli de sens qui porte en lui-même le risque d’une confusion :  La majorité des personnes qui l’emploie ne savent même pas POURQUOI. Cherchons d’abord à créer une vraie puissance économique avant de créer des termes qui font bonne figure.  Le pouvoir crée de l’influence. Soyons de vrais acteurs et non des beaux parleurs. Soyons responsables.

 

Comment être un afropreneur responsable

J’utilise le terme afro ici pour cibler la communauté noire. Puisque nombreux d’entre nous aimeraient redorer le blason du fait même d’être africain/afro et dans le business, voici selon moi, une piste de réflexions et de recommandations pour devenir responsable:

  • Arrêtons de croire que l’emprunte communautaire est la solution magique pour attirer une clientèle afro : le fait est que le client, on va le chercher, on l’influence positivement. On ne lui mets pas (inconsciemment) une pression sociale sous prétexte que c’est pour le bien de la communauté. Réadaptons notre communication ou vendons avec stratégie, point final 😉

 

  • Arrêtons d’aimer les titres et les éloges, alors que dans la réalité notre vie, notre business, nos attitudes et notre image ne sont pas des exemples : “Le vrai miroir de nos discours est le cour de notre vie”– Voltaire.

 

  • Créons de vraies synergies : Un, deux médias qui s’associent. Une, deux boutiques qui créent un espace commun, un concept nouveau. Arrêtons de vouloir TOUJOURS ramener les choses en solo de manière égoïste. Le fait est que nous ne pouvons pas à nous seuls, satisfaire toute la demande potentielle. (Pas de jalousie, please!)

 

  • Les jeunes ont besoin de VRAIS mentors. Montrons l’exemple et même si nous ne sommes pas encore des Bill Gates, Soyons comme Aliko Dangote (que je respecte), notre Bill Gates.  Des types de personnages un peu secrets qui sont florissants mais qui écrivent des récits de vie édifiants.

 

 

Même si on a   l’impression d’assister à la création d’une labellisation communautaire par les noirs, je suis des celles qui écrivent pour prouver au monde que nous avons des têtes qui pensent, qui travaillent dur pour rétablir notre vérité et affirmer notre royauté.

 

Bemvinda,

Rédactrice.

 

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